En parallèle à mes études aux beaux arts de Lorient, j’ai pratiqué l’athlétisme de manière intensive. Des liens se sont rapidement tissés entre ma pratique physique et ma pratique artistique. Des thèmes communs tels que les limites du corps, l’effort physique, l’identité sont toujours présents dans mes travaux. Au cours des années, ma pratique artistique, plastique, a pris le dessus sur ma pratique sportive. Cela m’a permis de prendre du recul par rapport à mon propre investissement dans le monde du sport et d’observer ce que l’on nous donne à voir de celui-ci.

L’imagerie sportive est de plus en plus présente autour de nous, que l’on soit sportif ou pas. On nous en met plein les yeux. Les critiques de la modernité sportive parlent de “sport spectacle“, “des spectacles sportifs“. Mais que nous raconte-t’on si ce n’est que les limites du corps sont toujours repoussées, que la technologie prend le relais sur la nature, que l’image du sportif nous appartient, que le champion est un produit périssable ?

Par ma pratique aux médiums aussi divers que la sculpture, l’installation, la performance, je tente de mettre en place un récit oscillant entre réalité et fiction, paradoxe et transgression, humour et tragédie. Je travaille essentiellement avec des éléments appartenant au monde du sport, que ce soit des gestes, des accessoires, des images, des lieux, des codes. Je vole, prélève, modifie, déplace, substitue, associe, joue des limites, désoriente, bouleverse les points de vue habituels. Mon travail aux accents burlesques et ironiques n’est pas une critique du sport, mais une réflexion sur le spectacle sportif présent massivement autour de nous, reconnu pour être une grande mise en scène de la civilisation actuelle.

L’oeuvre présentée pour l’exposition Du sport dans l’art ? est un mur d’escalade constitué de prises fragiles et ambigües. Ce sont des moulages en plâtre de différentes parties de mon corps. Chacune des prises laisse apparaître subtilement un pli de la peau, une articulation, de la pilosité… Le plâtre ne laissant aucune ambiguïté quant au caractère impraticable de l’œuvre, le spectateur est invité à s’imaginer, tel un fantasme, grimper à ce mur, s’agripper à ma joue, s’accrocher à mon pied ou pincer mon nez… La voie d’escalade qui habituellement apparaît comme un défi oscille ici entre perversion et tentation.


dessin

dessin préparatoire


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détail de l'installation, "grimper en tête", plâtre et vis.


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photos de l'installation, "grimper en tête", plâtre et vis.

 

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